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Le début de la fin...Et voila... Moins d'une semaine avant le départ pour l'hexagone !!! Jérémy s'est lui aussi exilé mais dans les montagnes népalaises. Après nous avoir initié aux danses traditionelles françaises (véridique), il doit être en train de découvrir l'Himalaya ou de s'adonner à un peu de méditation. Il doit aussi renouveler son visa... Son séjour pondichérien fut court mais il nous a aussi appris beaucoup et en peu de temps nous sommes devenus assez proches. On devrait se croiser de nouveau en France ou ailleurs. Et puis finalement, Victor, le colloc de Jérémy a aussi pris la poudre d'escampette et est allé se réfugier dans le Kerala pour savourer la douceur des plages occidentales et la fraicheur des plantations de thé en altitude. Le tout... en amoureux, ça devrait bien se passer !!!
Et pour nous, beaucoup d'expérience acquise durant cette année indienne: 1ère expérience professionnelle dans le développement, 1ére découverte de l'Inde, beaucoup de rencontres, pas mal de réflexions sur le monde des ONG et sur nos sociétés. Il y a beaucoup de choses à en retirer mais ce serait trop long à raconter. Pour résumer, on a découvert le monde du travail dans les ONG et les déceptions qui vont avec: peu de contact avec les populations bénéficiaires, mauvaise connaissance des besoins réels, pas d'adaptation des stratégies aux contextes locaux, beaucoup de stress, toujours des délais ou des obligations imposées par les bailleurs, les partenaires... Tout ça pour quoi? Pour apporter un peu de confort matériel à certains populations, pas toujours nécessaire, pas toujours adapté. On ne peut pas nier que certains projets aident vraiment quelques personnes mais on ne s'attaque jamais aux réelles sources des problèmes et puis surtout, le développement est surtout une manière de justifier la présence occidentale dans les pays du Sud. En effet, même si la vie n'est pas facile tous les jours, c'est un plaisir de découvrir de nouveaux pays, de nouvelles cultures, de nouvelles manière de vivre et de prendre un peu de recul sur notre vie, notre société. A cela s'ajoute un confort de vie: nous n'avons pas besoin d'autant d'argent pour vivre à Pondy qu'à Paris et ça facilite beaucoup le quotidien. Bref, nous sommes heureux d'avoir une activité professionnelle qui nous apporte notre pain quotidien, loin du stress des entreprises et qui s'apparente à une activité sociale. Pour autant, peut-on dire que le développement est inutile? De mon point de vue personnel et égoiste, absolument pas. J'apprends énormément et je pourrais difficilement me passer de ces séjours tropicaux. Quant aux populations locales, je pense que la rencontre entre cultures et le partage restent les principales qualités de ces expatriations. A nous de faire l'effort de nous intéresser, de comprendre et de partager sans juger (pas facile), alors s'ouvrent les portes et disparaissent les frontières. Ces moments partagés avec des gens de tout pays restent inscrits dans nos mémoires et nous permettent de progresser toujours plus dans nos réflexions et nos comportements. Reste en suspend la question suivante: où et comment s'investir efficacement pour observer un réel progrès dans les conditions de vie des populations du monde entier? Pas de réponse... ou des milliers... Cela demande de définir ce que sont des conditions de vie, ce qu'est le progrès et de se demander aussi l'intérêt de tout cela. On a toute la vie pour chercher des réponses et trouver une voie qui nous semble honorable. Déjà des idées se dessinent mais ce sera pour une autre fois.
Et l'Inde? Un bien grand pays, dont nous n'avons pas vu grand chose !!! La richesse d'une nation millénaire et la pauvreté des Intouchables, le tout et le rien. Profusion de cultures, de religions, de langages mais aussi d'inégalités, de discriminations, de violences... Un ensemble harmonieusement dissonant. En tout cas, impossible de résumer ou de généraliser nos observations. L'Inde est tellement vaste et diverse qu'il est impossible d'en présenter un tableau correct. En plus de cela, nous n'avons connu que le Tamil Nadu, état on ne peut plus traditionaliste et un peu à part. Ca n'a pas été facile à vivre tous les jours tellement les priorités, les relations à autrui et les codes sont différents de ce que nous connaissons. Mais ça a eu l'avantage de nous ouvrir à l'importance de l'esprit, négligé par arpport à notre corps, en occident. Pour autant, nous ne sommes pas tombés dans les délire métaphysiques des toursime en mal de spiritualité. Nous nous sommes initiés au yoga pour y découvrir une activité sportive assez intense, qui permet de mieux connaître son corps et qui est parfaitement complémentaire d'autres activités sportives. Nous avons découvert les musiques traditionelles indiennes basées sur des critères bien différent de nos classiques. Nous avons appris à prendre de la distance avec nos valeurs occidentales pour essayer de comprendre les enjeux et les codes sociaux quotidiens. Bref, beaucoup de découverte mais nous avons décider de ne pas adopter ces valeurs car trop éloignées de nos habitudes... L'Inde n'est donc pas le pays où nous nous sommes le plus fondu dans la population, loin de là et dans ces conditions, il est préférable de ne pas chercher à s'éterniser ici. D'autres continents nous attendent, où nous savons qu'il sera plus facile de partager la vie quotidienne des locaux. Néammoins, ce fossé entre nos cultures, nos valeurs est aussi un générateur extraordinaire de connaissance sur soi-même et de prise de recul. Nous aurons donc eu l'opportunité de réfléchir énormément sur notre avenir, nos buts professionnels et personnels et les sociétés d'où nous venons.
Quant à Pondichéry, cette ville est un monde à part dans le sous-continent. Mêlant reste de colonialisme français, ashramisme, aurovillianisme et alcoolisme; elle a quelque chose d'assez unique. C'est aussi une ville de villégiature avec sa ville blanche calme, propre mais absolument hors de prix et réservée aux ashramites fortunés ou occidentaux en mal de tropicalisme. Bref, Pondichéry est aussi diverse que le Tamil Nadu environnant mais avec une touche occidentale parfois agréable, parfois détestable. Nous avons recontré énormément de gens plus intéressants les uns des autres et des 4 coins du monde. Mais, pour autant, les expatriés sont loins d'être solidaires, peut-être parce que les motivations sont très diverses (business, tourisme, spiritualité et développment) et l'ambiance est plutôt à la méfiance qu'au partage.
Voilà, c'était un tour d'horizon absolument pas exhaustif de notre séjour. Maintenant, nous sommes assez contents de rejoindre nos régions natales pour se réfugier dans le froid, la famille et les amis, le fromage et le bon vin. Nous avons une pause d'un mois, qui nous permettra de bien nous reposer (nous en avons besoin) avant de repartir pour de nouvelles aventures. A priori, nous décollons début mai pour Bhopal, capitale du Maddhya Pradesh. Toujours en Inde mais cette fois, au Nord du pays... autant dire un autre pays avec pas très loin les cités historiques et le désert du Rajastan, les montagnes himalayennes et les neiges éternelles, les sources du Gange et les crémations, les tribaux et paysans sans terres avec qui nous espérons partager un combat contre la misère et la discrimination... Tout un programme... TrackbacksThe trackback URL for this entry is: http://letrolldechaine.spaces.live.com/blog/cns!EC3983FBDA35413E!460.trak Weblogs that reference this entry
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