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Pause tourisme… Les délices de DelhiAprès 1 mois et demi de travail intensif, il était grand temps de prendre
un peu de repos. Jonathan, un volontaire anglais, nous a rejoint il y a peu
pour nous aider dans les communications internationales et autres tâches pour
Janadesh. Il a eu la bonne idée de louer une voiture pour la journée afin de
visiter un peu Delhi. Ce n’est pas dans nos habitudes mais un peu de confort est
le bienvenu, surtout que nous n’avons pas beaucoup de temps pour découvrir
cette gigantesque ville et ses nombreux monuments.
Nous partons donc à 3, accompagné d’un chauffeur un dimanche matin. 1er objectif : le fort rouge de Delhi, symbole de la splendeur passée des dynasties muglai. Après s’être acquitté des tarifs d’entrée (comme d’habitude 100 fois supérieurs à ceux des indiens), nous voici dans une splendide demeure ancestrale, composée de multiples palais. L’intérieur du palais n’est pas avare d’immenses jardins et d’étendues d’eau, autour de constructions architecturales à mi-chemin entre l’art arabe et la culture aryenne (civilisation du Nord de l’Inde). Nous visitons aussi un musée présentant le mode de vie de l’époque et les ustensiles d’intérieurs. Bref, civilisation puissante et tournée vers les arts et la culture… Quand on regarde l’Inde contemporaine, on peut se demander où est passée la plus grande part de cet héritage. A la sortie du fort, nous nous rendons dans le temple Jaïn qui nous fait face. Temple luxueux et très propre, qui héberge un hôpital pour oiseaux. Et oui, les Jaïns sont tournés vers la communion totale entre les espèces animales.
Nous quittons le cœur de Delhi pour nous diriger vers le sud-ouest. Nous nous rendons à Qutub Minar, site d’une ancienne mosquée gigantesque (enregistrée par l’UNESCO). Nous sommes surpris par la hauteur et la beauté du minaret, qui reste la principale pièce bien conservée de ce site. Les arabesques et autres décorations sont magnifiques, surtout dans une pierre aux tons variables du blanc au rouge. Autour du minaret s’étend tout un ensemble architectural avec des salles de classes, des cours, des tombes… Même moins bien conservées, ces parties recèlent de jolis éléments décoratifs et le site est très agréable car ouvert et couvert de pelouses.
Nous revenons vers le centre de Delhi avec une pause déjeuner sur une place moderne. Nous ne trouvons qu’un complexe cinématographique pour nous restaurer. On nous y propose des plats occidentaux insipides dans un cadre climatisé et aseptisé pour un prix délirant. Les jeunes indiens riches et à la mode sortent des séances cinématographiques hors de prix en s’extasiant de leurs derniers portables à la mode ou de leurs vêtements terriblement « fashion ». Mais lorsque nous sortons enfin de cet endroit, c’est pour découvrir juste en face, une énorme décharge où survivent de nombreuses familles sans ressources. Les enfants de la rue abondent et nous entourent très rapidement pour nous demander argent ou nourriture. Leur insistance est telle que nous nous dépêchons de repartir et c’est peu après que j’ai découvert la disparition de mon portefeuille. Ces enfants ont donc du certainement profiter de mon empressement pour récupérer mon porte monnaie. J’y ai laissé un peu d’argent mais c’est sans importance. C’est plus gênant pour les papiers, en espérant que je pourrai les refaire rapidement en France et pour la carte bancaire mais j’ai pu faire opposition rapidement. Après ces déboires, nous nous sommes rendus au Lotus Temple. Ce site réellement impressionnant a été construit et est entretenu par une communauté appelée Bahaï. Cette communauté milite pour la coopération et la paix entre les religions. Elle considère que toutes les religions ont des objectifs communs et peuvent donc partager autour de ces visions communes. Le temple du lotus est un lieu où toutes les religions et tous les pratiquants du monde peuvent venir se recueillir dans un respect mutuel. Même si nous ne sommes pas ici pour le côté spirituel, l’idée nous plaît énormément et le site est magnifique. Encore une fois, des jardins et plans d’eau s’étendent tout autour du temple. A l’intérieur, c’est une immense salle bien éclairée et aménagée où règle le silence. Des dizaines de volontaires reçoivent les visiteurs et veillent au respect du silence le plus total. Le parcours touristique se termine donc sur ce moment de calme avant de retrouver le poste de police de Jangpura pour signaler la disparition de mon portefeuille. Les policiers « surmotivés » nous font écrire un papier résumant en 3 phrases ce qu’il s’est passé… bref, je ne suis pas prêt de retrouver mes papiers !!! J-100, le compte à rebours est lancé…Il nous reste 100 jours pour faire de Janadesh un succès et une réelle
porte de sortie des problèmes fonciers.
En même temps, nous fêtons les 100 ans de la Satyagraha (forme de résistance non-violente inventée par Gandhi lorsqu’il s’est fait gentiment éjecter d’un train en Afrique du Sud). Donc pour l’occasion, Ekta Parishad organise 2 jours événementiels au cœur de Delhi, sur la place historique Jantar Mantar. Tout d’abord, l’inauguration d’une exposition photo dédiée au mouvement de protestation en Inde. Ensuite, sit-in et grève de la faim (pour un jour seulement) avec de nombreux activistes et Subba Rao. Subba Rao est un des grands héritiers de Gandhi et s’occupe aujourd’hui de former et mobiliser la jeunesse indienne pour une Inde contemporaine plus juste, plus active et plus solidaire. Ce bonhomme, quoiqu’âgé est très actif et ne cesse de parcourir le monde. Sa bonhomie fait de lui un personnage populaire et puis il a vraiment un bon contact avec les jeunes. Malgré cela, nous regrettons la présence de peu d’habitants de Delhi. Cette classe moyenne affairée est peu concernée par les problèmes de développement et préfère certainement aller voir le dernier film américain accompagné d’un bon hamburger plutôt que de consacrer une journée à la cause des opprimés. La note positive est la présence de quelques groupes de tribaux, qui ont fait un long chemin depuis le Chhattisgarh pour soutenir Janadesh. En milieu d’après-midi, toutes les personnes présentes se réunissent et décident de marcher jusqu’au parlement indien (500 m) pour présenter une dernière fois les plaintes des sans terre et pour déclarer l’ultimatum de Janadesh : résoudre les problèmes fonciers ou faire face à 25 000 personnes. A cette occasion, les tribaux déploient tous leurs talents : ils ont revêtu leurs habits traditionnels colorés et animent le parcours de danses et musiques ancestrales. D’un côté, un groupe de femmes et d’hommes nous entraînent dans une ronde sans fin avec des pas de plus en plus complexes, de l’autre côté ce sont des puissants guerriers qui martèlent des tambours et rythment la marche. Les badauds s’empressent autour du convoi pour admirer un spectacle pas si courant. Cette marche est donc une explosion de couleur et de sons jusqu’au sit-in devant le parlement. Là, dans le silence, les leaders ne pourront rencontrer que les secrétaires des politiciens mais ils ont eu le temps de présenter leur programme et les multiples pétitions des sans terre. Le gouvernement ne nous a pas reçu mais nous a entendu… la balle est dans leur camp jusqu’à Janadesh !!! La journée se termine sur d’autres discours puis un dispersement progressif des troupes. L’appel des montagnes… 1ères rencontres avec l’HimalayaUn jour comme un autre, Rajagopal PV se penche vers nous et nous demande :
“Est-ce que vous voulez m’accompagner pour 2 jours de meeting dans l’Himachal
Pradesh ?”. Non mais, quelle question !!!
Nous mourrons de chaud dans la capitale et voici qu’on nous propose d’aller
admirer les beautés de l’Himalaya au frais et au calme !!! Ensuite, cette ville a été dessinée par un fâââmeux architecte français, dont j’ai oublié le nom. Et ce grand homme a eu l’idée génialissime de construire une ville avec des avenues immenses et des quartiers bien séparés ou les gens sont regroupés par fonction. En résumé, au milieu d’un gâchis énorme d’espace (dans ce pays surpeuplé), nous avons un bloc d’immeuble pour les avocats, puis un bloc pour les médecins puis un bloc pour les fonctionnaires… Dans un pays qui a du mal à sortir d’un système de castes ségrégatifs, je trouve cette idée particulièrement… monstrueuse !!! Enfin, la personne qui nous accueille est un avocat riche mais célibataire. Alors il occupe son temps en décorant lui-même sa résidence secondaire. Le résultat est… particulier !!! Mélange hétéroclite de culture traditionnelle indienne, de tableau de chasse africain, de souvenirs de Goa. Bref, cet avocat sera peut-être un jour célèbre pour son goût du kitch. A côté de cela, il est vraiment d’une grande gentillesse et nous passons donc une excellente nuit avec tout le confort possible. Le lendemain, nous atteignons les 1ers contreforts montagneux en fin de matinée. Petit à petit, nous montons et le thermomètre descend. Nous commençons à apercevoir les 1ères vallées encaissées mais aussi d’énormes usines de ciment qui défigurent la montagne et détruisent l’environnement. En chemin, nous pouvons admirer le toit d’un temple… le reste du temple et de la ville est enseveli sous la boue et le sable. En effet, après la construction d’un barrage, cette bourgade a été engloutie par les eaux puis plus tard par les sédiments. L’eau s’est retirée laissant ce spectacle surprenant. Enfin, nous arrivons sur les lieux du 1er meeting. Une organisation regroupant des activistes de plusieurs états himalayens a décidé d’unir toutes ses forces pour la défense de l’environnement himalayen et des ressources économiques traditionnelles des populations locales. En effet, les projets alentour, qu’ils soient industriels, touristiques ou économiques, ont tous la fâcheuse tendance de ne pas considérer les populations vivant dans les montagnes et de les priver de leurs ressources naturelles. Pour Rajagopal, c’est l’occasion d’apporter son soutien et de promouvoir Janadesh. Pour nous, c’est plutôt une opportunité de porter des chapeaux locaux colorés et de s’émerveiller. Le soir, nous nous enfonçons plus loin dans les montagnes. Cette fois, nous suivons une route à flanc de falaise avec en contrebas une rivière sauvage, incontrôlable et pure. En chemin, nous apercevons un temple bouddhiste accroché de manière inexplicable à la paroi accessible par quelques marches creusées dans la pierre. Nous arrivons finalement dans un minuscule village à la confluence de 2 rivières. Une petite prairie, le bruit de l’eau, une maison traditionnelle avec ses charpentes en bois, l’odeur des momos (spécialité tibétaine) et les montagnes tout autour… nous sommes heureux !!! Nous passons encore une délicieuse nuit dans la fraîcheur des montagnes. Le réveil est tout aussi émerveillant : lumière rasante, repos auprès de l’eau et le village qui se réveille. Mais il nous faut repartir, toujours plus au nord. Nous gagnons le village de Kullu qui s’étale dans une vallée un peu plus large mais tout aussi merveilleuse. Les cours d’eau sont d’un bleu comme on en voit rarement en Inde, les températures sont vivables et les sommets enneigés au loin promettent des aventures uniques. Nous stoppons parfois pour un thé ou un déjeuner… les gens sont charmants et nous accueillent à bras ouverts. Nous visitons en route la résidence d’un ancien prince, tout de bois construite... magnifique !!! Enfin, après de longues heures de route nous arrivons à Manali… dernière ville de la vallée accessible facilement par la route. Cette fois, les sommets enneigés nous entourent presque totalement et suivent impassiblement la réunion qui se joue sur leurs yeux. Ici, les villageois doivent se battre contre les stations de ski. Oubliez Tignes ou Serre Chevalier, les stations de ski sont des complexes hermétiques construits par de riches compagnies américaines avec leurs propres supermarchés, leurs propres restaurants… le tout interdit à la population locale. L’acheminement des clients se fait par hélicoptère. Le résultat de ce phénomène est une surconsommation des ressources naturelles disponibles, donc une diminution de ces ressources pour les populations locales (quand elles ne sont pas polluées) et un impact économique nul ou négatif pour la région… Charmant, n’est-ce pas ?!? Dommage que des endroits si beaux soient pollués par la cupidité humaine. Après ce court arrêt, pas si loin du Tibet, nous voici reparti sur la route pour rentrer à Delhi. Durant 14h de voiture, nous pouvons passer en revue tous les endroits où nous sommes passés la veille et sentir petit à petit la chaleur revenir. A la découverte d'un autre mondeDurant 2 semaines, notre routine de vie se met en route… nous attendons de
déménager dans un appartement avec d’autres personnes d’Ekta Parishad. Durant
ce temps, pas énormément d’évènement marquant. En vrac :
- une journaliste de l’Express nous a rendu visite pour écrire le numéro spécial du mois d’août sur les héritiers de Gandhi. Elle a donc contacté Rajagopal pour le suivre quelques jours et s’informer sur Janadesh dont elle parlera dans son article, entre autre. Sa sympathique présence nous a permis d’aller prendre de bons dîners dans des restaurants chics de Delhi (une fois n’est pas coutume) et puis, nous avons profité de son expérience dans de multiples recoins du globe. - nous avons visité un des parcs de Delhi : Lodhi Garden. C’est beau, c’est vert, c’est calme, c’est rempli d’oiseaux et de chauve-souris et en plus, il y a de quoi visiter une tombe et une ancienne mosquée de l’époque muglaï (civilisations musulmanes ayant conquis le Nord de l’Inde entre le 10ème et le 15ème siècle). Les bâtiments certes un peu défraîchi restent néanmoins très beau et donnent au parc un charme certain. - Un proche d’Ekta Parishad nous a invité à dîner. Après avoir quelque peu galéré pour trouver sa maison (dans un des nouveaux quartiers modernes de Delhi, à la périphérie avec des grandes routes, des grands centres commerciaux mais absolument sans charme), nous avons fait connaissance avec sa petite famille. Ces gens très sympathiques et charmants nous ont offert un dîner simplement indien mais vraiment délicieux. Nous avons pu discuté librement de sujets divers et variés relatifs à l’Inde, la position des basses castes, de la femme, etc… Bref, soirée vraiment intéressante et agréable, loin des soucis de Janadesh. - les pluies tant attendues sont arrivées… elles ont apporté fraîcheur et embouteillages. Malheureusement, elles ne sont pas encore régulières et entre 2 averses, la chaleur revient. - Enfin, une soirée culturelle a été organisée par Ekta Parishad pour officiellement mobiliser les habitants de Delhi autour de Janadesh. Officieusement, l’équipe en a profité pour souhaiter l’anniversaire de Rajagopal. Nous avons donc assisté à divers discours de soutien et à 2 programmes culturels. Le 1er, était animé par Gaori, une amie d’Ekta Kala Manch (branche culturelle d’Ekta Parishad). Elle nous a relaté en danse et en musique, une des nombreuses histoires du panthéon indien. Puis, un chanteur et un joueur de tabla (percussions) nous ont interprété des classiques de la musique traditionnelle indienne. Nous avons donc bien profité de cette soirée, même si la participation des habitants de Delhi a été moins importante que prévu. Sous le soleil du ChhattisgarhCe WE, nous avons découvert un autre état de l’Inde. 3 jours de meeting
étaient organisés à Tilda (centre du Chhattisgarh, sud-est de Delhi) avec tous
les leaders locaux pour organiser la marche et collecter de l’information sur
les derniers préparatifs. Le trajet fut éprouvant : d’une durée de 24h, il
s’est déroulé dans un train couchette assez rempli, sous le soleil torride des
tropiques. A ma demande, nous n’avons pas pris l’air conditionné mais les
ventilateurs étaient insuffisants pour rafraîchir nos corps exposés à des
températures de 40 degrés. Une seule activité possible : s’allonger et se
reposer en attendant passer les heures. Malheureusement à mi-chemin, le
contrôleur s’est aperçu que nos billets de train, réservés par le bureau de
Delhi, avaient été réservés à la mauvaise date… On nous a donc gentiment
demandé de descendre du train et heureusement qu’à l’arrêt suivant se trouvait
un bureau d’Ekta Parishad, qui nous a hébergé pour la nuit. Le lendemain, retour
à la gare pour prendre le bon train cette fois, moyennant 100 Roupies pour le
contrôleur (ahhh la corruption…), et nous arrivons à bon port, toujours dans
une chaleur étouffante.
Tilda, vaste plaine rouge-marron écrasée par le soleil, où survivent quelques cultures éparses. Après quelques errements, de sympathiques locaux nous emmènent sur le lieu de réunion où nous trouvons un millier d’activistes surmotivés, chantant, dansant et exprimant leur soutien total à Janadesh et leur volonté de se battre contre les discriminations. Pour la 1ère fois, nous rencontrons des tribaux. Il faut dire que l’état est majoritairement constitué de collines boisées où vivent ces communautés. Femmes et hommes tatoués, le visage façonné par le soleil. Les femmes portent des saris courts bariolés tandis que les hommes arborent fièrement le turban de leurs tribus. A l’entrée du meeting, ils ont déposé arcs et flèches, ornements guerriers qui les accompagnent partout. Leur spectacle nous fait oublier la chaleur et les 6 L d’eau à boire quotidiennement. Une journaliste française nous a rejoint pour l’occasion. Elle va produire un documentaire pour France 5 et France 24 et les tribaux fournissent un support filmographique intéressant. Le dernier jour, visite d’un des Seva Gandhi Ashram (ashram répartis un peu partout en Inde, soutenant Ekta Parishad et promouvant la vision gandhienne). Ici, ils produisent des graines de moutarde, du kadi (coton non traité), du riz et des dérivés de tout cela… Ces produits biologiques sont réputés et se vendent loin dans le pays. Mais surtout, l’ashram entoure un magnifique manguier et les responsables nous offrent un délicieux goûter de mangues et de jus, qui nous ravissent les papilles !!! Nous quittons le lieu sur ce bon souvenir avant de nous enfourner dans le train micro-onde qui nous ramène à Delhi. Démarrage sur les chapeaux de roue… de rickshawLes 3 premières semaines de travail à Dehli viennent de s’achever… Nous
n’avons pas eu le temps de nous ennuyer, ni de visiter la ville d’ailleurs.
Nous avons passé nos journées au bureau d’Ekta Parishad, le mouvement qui organise Janadesh 2007: la marche de Gwalior a Dehli de 25 000 paysans sans terres et sympathisants, du 2 au 28 octobre (pour plus d’infos: www.janadesh.net). Pour l’instant, nous avons fait le tour des bureaux et du personnel : nous essayons de collecter tous les documents disponibles et de tout savoir sur Ekta Parishad, ces multiples branches et l’organisation de Janadesh… tout un programme. Notre mission pour les 6 mois à venir sera donc de gérer les communications internationales autour de Janadesh, de produire et traduire de la documentation pour informer, de s’occuper des volontaires et participants européens et de trouver de nouveaux partenaires. La liste de tâches dépasse déjà les 2 pages et chaque jour de nouvelles demandes s’ajoutent. Contrairement à ce qui était convenu, nous serons finalement basés à Dehli puisque c’est ici que toute l’information et les contacts sont disponibles… nous visiterons quand même régulièrement Bhopal et les autres bureaus d’Ekta Parishad pour voir ce que nous manquons. En attendant de trouver un appartement pas trop loin, nous dormons donc dans la guesthouse d’Ekta Parishad avec une partie de l’équipe. C’est sommaire : petit matelas à même le sol, beaucoup de passage, toilettes et douches communes, cuisine basique (riz et dhal, sauce épicée eux lentilles) mais nous survivons et découvrons petit à petit l’équipe et tous les autres partenaires. Nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour visiter Dehli… juste quelques escapades: c’est grand, très grand, bordélique et bruyant, pollué mais c’est moins pire que ce qu’on pensait. Il y a beaucoup d’espaces verts et au lieu de former une énorme métropole avec un centre ville ultra riche et des banlieues autour, Dehli est plutôt un regroupement de quelques 400 villages. Il y a donc une vie de quartier assez importante avec des petits commerçants a tous les coins de rue. C’est évidemment plus animé que Pondichéry est moins traditionaliste (ouf!) que le Tamil Nadu, même si les normes sociales persévèrent. Pas mal de monuments historiques à voir, beaucoup d’activités culturelles, des quartiers cosmopolites… on espère simplement qu’on pourra se dégager un peu de temps pour voir tout cela. Concernant le reste de l'Inde du Nord, nous avons déjà bougé pour assister à des meetings de Rajagopal (le grand gourou d’Ekta Parishad !!!) dans les états du Madhya Pradesh et du Rajasthan (Sud de Dehli), le WE dernier. Contraste marquant avec la grande ville: étendue semi-désertique à perte de vue, certaines creusées par des milliers de ravines rendant les déplacements et les cultures très difficiles, d'autres couvertes par les greniers à grains et les tas de bouses séchées qui rappellent certaines régions d'Afrique de l’Ouest. Ces régions rurales sont bien la face pauvre de l'Inde: peu de ressources naturelles, peu de ressources économiques. Beaucoup de couleurs aussi qui donnent des tableaux uniques entre les saris bariolés des femmes, les briques rouges des maisons, le vert tendre des cultures, etc. Durant ce WE, nous n'avons pas eu de temps pour nous reposer, nous sommes passés d'un endroit à l'autre. D'abord les meetings puis les visites aux officiels et enfin aux nombreuses connaissances de Rajagopal, qui a commencé son combat ici, il y a une trentaine d'années. Accueil triomphal des populations locales qui n'ont plus qu'Ekta Parishad comme porte d'espoir. Rencontre avec beaucoup de gens, beaucoup de parcours surprenant comme cet ex-bandit de grand chemin qui s'est converti à la non-violence ou encore ce commissaire de police qui nous a accueilli les bras ouvertes pour nous assurer de son soutien à Janadesh (en nous demandant de faire marcher non pas 25 000 personnes mais 100 000). En tout cas, l'état d'esprit de cette association correspond vraiment à notre éthique. Nous avons aussi beaucoup d'espoir en Janadesh et nous espérons que cette marche permettra vraiment d'améliorer la vie des plus démunis. Si c'est le cas, alors nous pourrons exporter la méthode, pourquoi pas en Europe. Pour vous donner une idée de ce qu’est Ekta Parishad et à quoi ressemblent les marches de protestation, je vous propose dans les photos une sélection des meilleurs clichés de Simon William, un photographe britannique. Ces photos ont été prises lors de son séjour en Inde, il y a deux ans, et lors d’une des padyatras d’Ekta Parishad, dans l’Orissa… Bon visionnage !!! De retour aux pays des vaches sacréesNotre vol s’est parfaitement déroulé dans un avion vide aux deux tiers
(malheureusement pour la planète). Nous avons pu dormir parfaitement et nous
avons récupéré tous nos bagages entiers. Au milieu de la nuit, nous avons
rejoint la Gandhi Peace
Foundation, notre lieu de résidence pour les jours à venir. Cette institution a
été créée pour diffuser et promouvoir les concepts gandhiens de non-violence,
d’égalité entre tous les hommes… De plus, les personnes en charge de l’institution
sont évidemment des proches d’Ekta Parishad donc nous sommes tout de suite dans
le bain. 1er repas épicé, 1ère nuit dans la chaleur et le
bruit… mais le lieu est assez confortable et les repas nourrissants. Le début de la fin...Et voila... Moins d'une semaine avant le départ pour l'hexagone !!! Jérémy s'est lui aussi exilé mais dans les montagnes népalaises. Après nous avoir initié aux danses traditionelles françaises (véridique), il doit être en train de découvrir l'Himalaya ou de s'adonner à un peu de méditation. Il doit aussi renouveler son visa... Son séjour pondichérien fut court mais il nous a aussi appris beaucoup et en peu de temps nous sommes devenus assez proches. On devrait se croiser de nouveau en France ou ailleurs. Et puis finalement, Victor, le colloc de Jérémy a aussi pris la poudre d'escampette et est allé se réfugier dans le Kerala pour savourer la douceur des plages occidentales et la fraicheur des plantations de thé en altitude. Le tout... en amoureux, ça devrait bien se passer !!!
Et pour nous, beaucoup d'expérience acquise durant cette année indienne: 1ère expérience professionnelle dans le développement, 1ére découverte de l'Inde, beaucoup de rencontres, pas mal de réflexions sur le monde des ONG et sur nos sociétés. Il y a beaucoup de choses à en retirer mais ce serait trop long à raconter. Pour résumer, on a découvert le monde du travail dans les ONG et les déceptions qui vont avec: peu de contact avec les populations bénéficiaires, mauvaise connaissance des besoins réels, pas d'adaptation des stratégies aux contextes locaux, beaucoup de stress, toujours des délais ou des obligations imposées par les bailleurs, les partenaires... Tout ça pour quoi? Pour apporter un peu de confort matériel à certains populations, pas toujours nécessaire, pas toujours adapté. On ne peut pas nier que certains projets aident vraiment quelques personnes mais on ne s'attaque jamais aux réelles sources des problèmes et puis surtout, le développement est surtout une manière de justifier la présence occidentale dans les pays du Sud. En effet, même si la vie n'est pas facile tous les jours, c'est un plaisir de découvrir de nouveaux pays, de nouvelles cultures, de nouvelles manière de vivre et de prendre un peu de recul sur notre vie, notre société. A cela s'ajoute un confort de vie: nous n'avons pas besoin d'autant d'argent pour vivre à Pondy qu'à Paris et ça facilite beaucoup le quotidien. Bref, nous sommes heureux d'avoir une activité professionnelle qui nous apporte notre pain quotidien, loin du stress des entreprises et qui s'apparente à une activité sociale. Pour autant, peut-on dire que le développement est inutile? De mon point de vue personnel et égoiste, absolument pas. J'apprends énormément et je pourrais difficilement me passer de ces séjours tropicaux. Quant aux populations locales, je pense que la rencontre entre cultures et le partage restent les principales qualités de ces expatriations. A nous de faire l'effort de nous intéresser, de comprendre et de partager sans juger (pas facile), alors s'ouvrent les portes et disparaissent les frontières. Ces moments partagés avec des gens de tout pays restent inscrits dans nos mémoires et nous permettent de progresser toujours plus dans nos réflexions et nos comportements. Reste en suspend la question suivante: où et comment s'investir efficacement pour observer un réel progrès dans les conditions de vie des populations du monde entier? Pas de réponse... ou des milliers... Cela demande de définir ce que sont des conditions de vie, ce qu'est le progrès et de se demander aussi l'intérêt de tout cela. On a toute la vie pour chercher des réponses et trouver une voie qui nous semble honorable. Déjà des idées se dessinent mais ce sera pour une autre fois.
Et l'Inde? Un bien grand pays, dont nous n'avons pas vu grand chose !!! La richesse d'une nation millénaire et la pauvreté des Intouchables, le tout et le rien. Profusion de cultures, de religions, de langages mais aussi d'inégalités, de discriminations, de violences... Un ensemble harmonieusement dissonant. En tout cas, impossible de résumer ou de généraliser nos observations. L'Inde est tellement vaste et diverse qu'il est impossible d'en présenter un tableau correct. En plus de cela, nous n'avons connu que le Tamil Nadu, état on ne peut plus traditionaliste et un peu à part. Ca n'a pas été facile à vivre tous les jours tellement les priorités, les relations à autrui et les codes sont différents de ce que nous connaissons. Mais ça a eu l'avantage de nous ouvrir à l'importance de l'esprit, négligé par arpport à notre corps, en occident. Pour autant, nous ne sommes pas tombés dans les délire métaphysiques des toursime en mal de spiritualité. Nous nous sommes initiés au yoga pour y découvrir une activité sportive assez intense, qui permet de mieux connaître son corps et qui est parfaitement complémentaire d'autres activités sportives. Nous avons découvert les musiques traditionelles indiennes basées sur des critères bien différent de nos classiques. Nous avons appris à prendre de la distance avec nos valeurs occidentales pour essayer de comprendre les enjeux et les codes sociaux quotidiens. Bref, beaucoup de découverte mais nous avons décider de ne pas adopter ces valeurs car trop éloignées de nos habitudes... L'Inde n'est donc pas le pays où nous nous sommes le plus fondu dans la population, loin de là et dans ces conditions, il est préférable de ne pas chercher à s'éterniser ici. D'autres continents nous attendent, où nous savons qu'il sera plus facile de partager la vie quotidienne des locaux. Néammoins, ce fossé entre nos cultures, nos valeurs est aussi un générateur extraordinaire de connaissance sur soi-même et de prise de recul. Nous aurons donc eu l'opportunité de réfléchir énormément sur notre avenir, nos buts professionnels et personnels et les sociétés d'où nous venons.
Quant à Pondichéry, cette ville est un monde à part dans le sous-continent. Mêlant reste de colonialisme français, ashramisme, aurovillianisme et alcoolisme; elle a quelque chose d'assez unique. C'est aussi une ville de villégiature avec sa ville blanche calme, propre mais absolument hors de prix et réservée aux ashramites fortunés ou occidentaux en mal de tropicalisme. Bref, Pondichéry est aussi diverse que le Tamil Nadu environnant mais avec une touche occidentale parfois agréable, parfois détestable. Nous avons recontré énormément de gens plus intéressants les uns des autres et des 4 coins du monde. Mais, pour autant, les expatriés sont loins d'être solidaires, peut-être parce que les motivations sont très diverses (business, tourisme, spiritualité et développment) et l'ambiance est plutôt à la méfiance qu'au partage.
Voilà, c'était un tour d'horizon absolument pas exhaustif de notre séjour. Maintenant, nous sommes assez contents de rejoindre nos régions natales pour se réfugier dans le froid, la famille et les amis, le fromage et le bon vin. Nous avons une pause d'un mois, qui nous permettra de bien nous reposer (nous en avons besoin) avant de repartir pour de nouvelles aventures. A priori, nous décollons début mai pour Bhopal, capitale du Maddhya Pradesh. Toujours en Inde mais cette fois, au Nord du pays... autant dire un autre pays avec pas très loin les cités historiques et le désert du Rajastan, les montagnes himalayennes et les neiges éternelles, les sources du Gange et les crémations, les tribaux et paysans sans terres avec qui nous espérons partager un combat contre la misère et la discrimination... Tout un programme... Au fait...Ben oui... J'ai oublié de signaler un détail assez important quand même...
Ca fait maintenant 2 mois que nous avons changé d'appartement. En effet, le curé (voir billets précédents) n'a pas réussi a nous christianiser et les messes matinales commencaient a nous cogner sérieusement sur le bambou !!!
En plus de cela, l'humidité due à la mousson avait tendance à stagner dans notre appart...
Donc nous nous sommes mis en quête d'un loyer auprès de nos connaissances. Et on a dégotté un appart confortable, vers le centre ville, moins humide que le précédent, plus grand, plus éclairé, plus silencieux (pas dur) et moins cher... que demandez de plus !!!
Donc on est assez content... Depuis, on a eu évidemment quelques pb... notamment des remontées d'égout mais je crois qu'à Pondy, il ne faut pas trop espérer trouver appartement ''normal''...
Rétrospectives des 2 derniers moisLe temps passe et ce blog n’avance pas beaucoup…
Et oui, ces derniers temps ont été durs avec énormément de boulot et je profite d’une accalmie pour mettre à jour ce récit d’aventures tamoules.
Mais pour cela, remontons quelques semaines auparavant. Anaïs et moi sommes rentrés en France du 14 au 29 décembre, elle pour prendre quelques vacances et moi, parce que mes billets d’avion étaient déjà achetés. Et oui, pas de vacances pour bibi, vu que j’avais un travail à rendre pr le 31. Mais ça ne nous a pas empêché de profiter de ce court séjour. Entre la famille, les amis, les dîners et festivités de Noël, pas eu le temps de s’ennuyer. Nous avons bien profité de la gastronomie française pour prendre des kilos et du calme nocturne pour rattraper le sommeil en retard. Durant tt ce temps, j’ai un peu avancé ma mission (c.a.d., la rédaction d’un guide d’action pour les ONG sur le Tamil Nadu et Pondichéry) mais pas assez. Et oui, retour le 29 décembre à Pondy après un vol sans problème (pas de retards, pas d’indigestion, pas de bagages perdus, pas d’ennuis a la douane… incroyable… Sri lankan airlines, c’est pas mal !!!). J’ai dc rattaqué le boulot sans attendre mais avec aucun espoir de finir a la date prévue (d’un autre coté, un mois et demi pour écrire un guide de 200 pages… c’était p-e optimiste !!!). Mais le 31 décembre au soir, festivités comme il se doit. Dîner gastronomique à l’appart avec gambas accompagnées d’ananas flambées au cognac, vin moelleux importé directement de Gaule, salades de fruits tropicaux et j’en passe… Et on a ensuite rejoint des amis dans 2 restaurants de la ville blanche. Bonne soirée, on en a bien profité et pour la 1ère fois depuis que nous vivons ici, nous avons pu assister au lever du soleil avant d’aller sombrer dans les bras de Morphée.
Après cela, boulot, boulot, boulot, toujours pour terminer ce fichu guide. La mission a pris beaucoup de retard puisqu‘il a fallu s’occuper des multiples corrections et que la demande initiale a été modifiée a plusieurs reprises. Heureusement, tout cela est terminé depuis hier et je n’attends plus que les ultimes instructions avant de lancer l’impression de ce guide (250 versions anglaises et 250 versions françaises).
Et dans la perspective de cette fin proche, nous avons décidé d’aller à Bangalore et Mysore (état du Karnataka, au Nord-Ouest) le WE dernier. Comme les Tamouls fêtent Pongal (qui célèbre le début des moissons), le lundi et mardi sont fériés et nous en avons donc profité pour changer un peu d’air et voir ce qu’il se passe à coté. Bangalore est la capitale du Karnataka et accessoirement une assez grosse ville remplie de business à l’occidentale… On y croise les enfants qui mendient et le cadre supérieur en informatique qui va manger au Mc Donalds. Mysore est plus au Sud. C’est une petite ville connue pour son palace, assez imposant dans le paysage. Après une courte nuit a essayé de dormir dans un bus, nous avons donc visité rapidement la ville avec son quartier musulman tranquille, sa cathédrale, ses temples et ses mendiants. Le palace est assez impressionnant par sa disproportion mais le mélange des styles a l’intérieur (architecture indienne, aménagement à la Versailles, touches anglaises) n’est pas toujours des plus judicieux. Cela dit, la promenade est agréable même si les interpellations des badauds sont un peu trop fréquentes (toutes les 5 min). On a aussi gravi la colline proche de la ville pr avoir une vue d’ensemble et en redescendant nous avons croisé Nandi, une statue assez impressionnante a l’effigie du véhicule de Shiva (cad une vache). Nous avons poursuivi avec un marché assez joli : plus large que celui de Pondichéry avec des montagnes de fruits, de légumes, de fleurs, de poudres colorées et de sucreries (pour Pongal). Et puis, tous les dimanches soirs, de 19h a 20 h, le palace est illuminé de 97 000 ampoules (si, si, tout ca) et les parcs sont ouverts au public, ce qui offre un tableau vraiment unique et brillant. Et puis le lendemain, nous sommes revenus à Bangalore en bus. Nous avons fait un tour rapide de la ville dans un grouillement indescriptible. Tous les déplacements requièrent du temps, l’orientation est difficile et tout coûte cher (surtout les hôtels, d’où la décision de repartir en bus de nuit et non de passer une nuit a Bangalore). Mais on a quand même visité le parc botanique de la ville, pas mal : quelques jardins a thème, des bancs pour se reposer, de la verdure loin de la pollution et beaucoup, beaucoup de monde. Apres cela, retour de nuit et repos bien mérité. On a profité de notre mardi après-midi pour faire un peu de vélo et se détendre. En ce qui concerne Pongal, peu d’animation mais toutes les femmes dessinent des cholams très colorés devant leurs maisons. Les cholams sont des dessins avec des poudres au pas des portes pour chasser les dieux malveillants et accueillir les divinités bienveillantes). Sinon, des petits bananiers sont accrochés au véhicule, les vaches sont colorées de différentes manières et les gens mangent de la canne a sucre, des sucreries et du pongal : riz soit accompagné de sauce salée a la mangue, soit sucré avec des fruits (pas mauvais mais calorifiques !!!).
Sur ces bonnes paroles, je vous laisse et je démarre ma nouvelle mission : faire en 2 mois l’évaluation de l’impact des projets post-Tsunami sur les ONG, leur organisation, leurs capacités… Tout un programme !!! La mousson n'amène pas que la pluie !!!Cette fois, ça y est !!!
C’est bel et bien le début de la mousson… et ça commence en fanfare. Une semaine et demie de pluies quotidiennes, tant à Nagapattinam (où je bosse) que à Pondichéry… Au début, c’est bien : l’air est frais, la ville est plus calme, on n’étouffe pas dès qu’on sort un doigt de pied au soleil… Après c’est moins bien : les moustiques s’en donnent à cœur joie, tout est humide et rien ne sèche… Et notre appartement qui est au rez-de-chaussée conserve donc un taux d’humidité assez impressionnant.
En tout cas, ça c’est un peu calmé cette semaine et on profite des peu de journées ensoleillées pr faire les lessives. Et c'est vrai que la fraîcheur apportée est quand même très appréciable.
Et donc comme je le disais, les moussons n'ont pas apporté que des pluies mais quelques nouveautés:
-le curé qui habite l’église à moins de 200 m de la maison poursuit ses messes. Jusque là, tout va bien. Mais… les messes commencent à 5h30 le matin et comme le curé utilise à fond les hauts parleurs placés gracieusement sur le toit de son église et face à notre maison, on commence vraiment à saturer. Le record jusqu’à maintenant a été de 4 messes ds la journée : 5h30, 6h, 7h et 17h… même si on espère se rendormir après l’office, c’est pas gagné. Après discussions avec notre proprio, ce dernier a, par l’intermédiaire de gens influents ds le quartier, demandé une réduction du volume sonore… Ca a marché… pendant 2 jours. Après cela, le curé a profité d’un soi-disant festival chrétien pour en remettre une couche. Maintenant 2 mois que ça dure mais depuis une semaine, un petit espoir est apparu. Une association de quartier existe à Pondichéry pour le promotion de la qualité de vie : moins de pollution, tri des déchets, moins de bruits, plus d’éducation populaire… Et donc, des membres de cette association doivent rendre visite au curé cette après-midi avec Anaïs (moi, je suis à 160 km, alors je peux pas trop participer). Nous espérons que ce brave homme comprendra notre désarroi et sera prendre notre demande en considération, à savoir au moins diminuer le volume sonore et au mieux, arrêter d’utiliser des hauts parleurs (qui ne st pas franchement en accord avec la liberté de culte…). Si aucun progrès ne voit le jour… on se casse !!!
-y a du changement dans l’air. Après 3 mois de boulot à Nagapattinam, le bilan est pas franchement transcendant : beaucoup de temps perdu dans les transports en commun, boulot pas passionnant (exercices répétitifs de tri de données et de création de cartes), pas d’utilisation réelle de mes compétences agricoles ou sociales, salaire loin d’être extraordinaire et même pas de quoi m’occuper sérieusement pendant mon mi-temps. A cela s’ajoute : aucune aide pour le renouvellement de mon visa, aucune perspective d’évolution professionnelle, pas vraiment de liens sociaux avec mes collègues, logiques de travail radicalement différentes et quelques promesses pas tenues… Bref, vous l’aurez compris, je ne m’éclate pas vraiment avec ce boulot mais la nécessité de gagner un peu d’argent m’obligeait à continuer. Or il se trouve qu’une ONG internationale basée à Pondichéry pourrait me proposer une nouvelle mission pour quelques mois, plus en accord avec mes attentes, et surtout moins loin du lieu de résidence… J’en saurai plus dans la semaine, qui vient mais j’ai bon espoir !!!
-Et pr terminer, un autre changement de programme. Etant donné la recrudescence des conflits au Sri Lanka, Anaïs a décidé de renouveler son visa à Bangkok (Thaïlande) pour être plus tranquille. Les billets d’avion st ds la même fourchette de prix (voire moins cher) donc pourquoi se priver ??? Par contre, vous n’aurez finalement pas de photos de Ceylan…
Diwali
Mais keskeçé ??? Diwali, c’est la fête des lumières et l’évènement majeur de l’année pour la plupart des indiens (l’équivalent de Noël en occident). Bref, Diwali est le jour attendu par tous pour fêter dans la joie et l’allégresse les repas en famille… Nous avons dc décidé de fêter tt cela à Chennai chez nos amis Anu et Raul puisqu’on nous a dit « A Pondi, y a pas grand-chose, il faut aller à Chennai pour vraiment en profiter ».
En attendant le WE, les indiens commençaient déjà à préparer l’évènement à Pondicherry : nombreux achats de pétards pour les jeunes (et même les moins jeunes) et achats de nouveaux sarees ou churdidas pour ces demoiselles (les dépenses st assez importantes pour que les entreprises offrent un 13ème mois à leurs employés, spécialement pr Diwali !!!). Dc à partir du jeudi soir, les pétards ont commencé à résonner partout dans la ville et de manière anarchique… Personne ne surveille les enfants qui jouent avec et ces derniers ne font surtout pas attention où ils jettent les explosifs, ni s’il y a qqu’1… Bref, le bordel ds la ville.
Nous avons donc fui samedi matin à Chennai pour finalement trouver la même chose mais en plus impressionnant encore : partout ds la ville des explosions et pseudo feux d’artifice… Des évènements culturels ??? Que nenni… Diwali se fête en famille et pas ailleurs. C’est pour ça que le samedi soir, tt le monde descend dans la rue pour aller admirer les pétarades orchestrées par les enfants et adolescents surexcités… ça dure des heures et ça fait mal aux oreilles… Et ça, partout ds la ville (qui compte quand même 4 millions d’habitants). Bref, on a compris ce que c’était de vivre ds une ville en état de guerre…
A part ça, on a quand même profité d’un dîner avec la famille de Raul… Les membres ont tous été aux 4 coins du globe et chacun à donc une histoire colorée à raconter… très intéressant. Et on a même pu assister à une séance de chants traditionnels, en famille, ce qui nous a permis d’entendre autres choses que les musiques de « tamil movies » ou autres « bollywood ». Le dîner, en lui-même, fut succulent… Des plats indiens, pas exceptionnels, mais suffisamment bien préparés pour nous enchanter.
Et enfin, le dimanche, repos chez Anu et Raul et déjeuner avec qques amis et les parents d’Anu… aussi forts sympathiques, cultivés et très ouverts (on ne peut pas en dire autant de toutes les personnes âgées vivant en France !!).
Maintenant, vous savez ce que c’est, Diwali !!! Le Sri Lanka, ex-CeylanDésolé, pour ce billet, pas de photos... il faudra attendre qu'Anaïs soit allée à son tour sur l'île du thé pour avoir qques illustrations !!!
Dû au renouvellement de mon visa indien, j’ai passé quelques jours sur cette île au Sud de l’Inde. Je suis donc arrivé à Colombo un dimanche après-midi, où j’ai rapidement rejoint le centre ville et repéré l’ambassade indienne. Le plus gros problème de cette journée fut de trouver un logement puisque je me situais dans les quartiers chics de la ville, où les prix des hôtels dépassaient largement mon budget de routard. Il faut dire que les hôtels de luxe et autres commerces inaccessibles ont chassé les bouibouis et autres hôtels miteux loin vers la banlieue. Le centre ville y a perdu tout son charme avec ses boulevards à l’américaine et ses buildings immenses. Après 3 h de marche, je me suis donc retrouvé dans une guest-house assez sommaire pour un prix pas franchement intéressant… mais je n’avais plus le choix. C’est plus tard que j’ai compris que l’endroit servait aussi de lieu de prostitution… sans commentaire. J’ai donc déserté l’endroit le lendemain matin et je me suis rendu à l’ambassade indienne. Après 30 min de queue, le contrôle de sécurité, l’attente de l’ouverture des bureaux, la queue au comptoir, la queue au guichet, j’ai finalement déposé mes papiers sans problème et réglé l’addition. Il ne me restait qu’à revenir le vendredi suivant pour récupérer le visa.
Entre temps, j’ai donc décidé de visiter l’île. Le même jour, j’ai donc fait le tour de Colombo : temples bouddhistes, quelques plans d’eau, parcs et mairie, et le souk du quartier musulman. La ville est assez cosmopolite mais fonctionne sur le même principe que Pondicherry : regroupement des communautés en quartiers : les blancs et asiatiques ont investis les quartiers chics et le reste de la ville est séparée en fonction des religions. Ca permet une coexistence pacifique mais est-ce une solution… Le bouddhisme est la religion dominante dans ce petit pays, ce qui joue certainement sur la culture locale. En effet, on pourrait penser que les comportements sont similaires au Tamil Nadu mais point du tout. J’ai trouvé, en général, les mœurs plus libérées, un meilleur respect des droits de la femme et plus d’ouverture vers d’autres modes de vie. Mais tout n’est pas rose et le bouddhisme devenant quasiment une religion d’Etat a hérité de privilèges (places réservées dans les transports en commun, soutien du gouvernement, pas d’obligation de faire la queue…) très loin de la recherche de la simplicité prônée par Buddha… A part ça, un des éléments incontournables de la ville est la présence militaire et les multiples check point et les mitrailleuses entourées de sac de sable. Tout cela est évidemment lié au contexte de guerre entre les Tigres Tamouls et le gouvernement Sri-lankais. Les 1ers veulent une indépendance ridicule vu la taille de l’île et alors que les autres opèrent une répression totalement disproportionnée avec de nombreuses bavures (notamment la mort de 15 humanitaires locaux certainement perpétrés par l’armée !!!). Bref, extrémisme contre paranoïa, le tout alimenté par une opinion publique demandeuse de résultat… on n’est pas prêt de voir la fin du conflit, qui a repris récemment. Heureusement pr moi, il ne concerne qu’une partie réduite des territoires, au Nord et à l’Est. Le mardi, je suis donc parti pour Ratnapura : lieu de production de la majorité des pierres précieuses et autres gemmes de l’île (qui représentent un apport économique non négligeable). J’ai planifié de visiter un musée gemmologique pr en apprendre un peu plus sur les pierres précieuses et leur production. Malheureusement, à la sortie du bus, je ne savais pas trop où aller et après 5 min d’errance, me voici perdu sous une pluie tropicale. Mais finalement, avec l’aide de quelques bonnes âmes, j’ai atteint mon but : intéressant mais pas extraordinaire… j’ai surtout perdu du temps. Destination suivante : Nuwara Elliya, petite ville au cœur des montagnes. J’ai du dormir dans une ville étape avant d’y arriver puisque les transports, quoique assez performants, se sont révélés plus lents que prévus. Mais le trajet est quand même magnifique puisqu’après la plaine de Colombo, j’ai pu découvrir les collines avec forêts de bananiers et de palmiers, rizières, puis les bananiers font place aux théiers alternés avec des forêts d’épineux ou autres eucalyptus. Dans les fonds de vallée, toujours les rizières alors que le bus serpente sur des routes étroites et aériennes… un bon mélange des montagnes du Kerala et de celles du N-O Vietnam !!! Plus haut, se sont les terrasses maraîchères qui prennent le dessus avant d’arriver à Nuwara Elliya, coquette station d’altitude. Le climat y est frais, la ville calme et un certain nombre de bâtiments datent de la colonisation anglaise, avec des plantations de thé à perte de vue !!! Ensuite, je me suis rendu à Kandy par une route tout aussi magnifique : nombreuses cascades et montagnes découpées. Kandy est la plus grosse destination touristique du pays puisqu’elle regroupe un certain nombre de sites intéressants. Il y a d’abord le lac, qui rappelle un peu Hanoï, il y a les temples bouddhistes dont un magnifique, contenant des reliques du Buddha lui-même et un autre constitué de bâtiments tout en bois et protégé par l’UNESCO. Il y a un parc naturel avec de nombreux singes, il y a un parc botanique impressionnant par le nombre de variétés végétales et le travail d’entretien réalisé. Il y a encore un musée du thé et un orphelinat pr éléphant mais je n’ai pas eu le temps de les visiter. Le soir, j’ai dormi chez une sympathique vieille dame où j’ai retrouvé le sens de la convivialité et de l’hospitalité… ça fait plaisir. Après Kandy, j’ai repris la route pour la 8ème merveille du monde… C’est ainsi qu’a été surnommé (peut-être un peu abusivement), un site bouddhiste historique assez spécial. Imaginez un rocher tel que l’Ayers Rock (en un peu plus petit, quand même) s’élevant au dessus d’une vaste plaine… et placez sur son sommet des temples centenaires… vous aurez un bon aperçu. Me voici, au petit matin en route pour ce site… mais pour moi, pas question de rentrer : le prix est de 2000 Rs (environ 20 euros), ce qui dépasse largement mon budget alors que les Sri Lankais paient 20 Rs (oui, oui, vous avez bien lu : 100 fois moins… bonjour l’arnaque et la ségrégation raciale !!!). J’ai donc fait tranquillement le tour du site à pied puisque c’est assez joli et après ces 2h de ballades, je suis reparti pour Colombo. Je suis donc arrivé à la capitale en début d’après-midi et je me suis rendu à l’ambassade indienne à 16h30 pr récupérer mon visa. Mais l’histoire ne s’arrête pas là !!! En effet, j’ai appris à l’ambassade que j’aurai du me présenter le matin même pour déposer mon visa… mais comme personne ne m’avait prévenu de ce « petit détail », je n’ai évidemment pas penser à me présenter. Ce n’est que plus tard que j’ai découvert l’information, afficher en haut à gauche des guichets… mais trop tard !!! Personne ne voulant rien entendre, il m’a fallu attendre le lundi suivant (puisque l’ambassade est bien sûr fermée le samedi) pour réclamer de nouveau mon visa. Et tout à ma charge les frais de changements de billets d’avion, les frais d’hôtels et de nourriture… Décidemment, les ambassades sont ma bête noire et ont toutes la fâcheuse tendance à retenir un maximum d’information pour rendre les démarches difficiles !!! Dans le WE suivant, pas grand-chose d’intéressant : je suis allé rendre visite à une plage au Sud de Colombo. J’ai soigneusement évité la plage privée de l’hôtel pour occidentaux friqués et me suis roulé ds les vagues de l’océan indien. Et le lundi matin, je suis allé gentiment déposer mon passeport à l’ambassade indienne pour le récupérer dans l’après-midi avec un visa tout neuf… ouf !!! WE à ChennaiIl y a 2 personnes dont je n’ai pas encore parlé dans ce blog… Bon, c’est vrai que je ne parle pas de grand monde alors je vais essayer de me rattraper. Donc ces 2 personnes sont Anu et Raul, respectivement Singapourienne et indien. Nous les avons rencontré par l’intermédiaire d’Ana, qui est notre ancienne colloque. Ana travaillant pour un organisme de solidarité, elle a connu Raul, en achetant des billets d’avion puisque ce Mr travaille pour une agence de voyage, partenaire de cet organisme de solidarité… Vous m’avez suivi, là ?!? Et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés embarqué ds un dîner à Pondicherry, avec Raul, sa femme Anu et quelques amis à lui. Ce couple plus âgé que nous fait preuve d’un certain dynamise, d’une grande ouverture intellectuelle et d’un plaisir de vivre, qui nous a rapidement mis en confiance. Et c’est ainsi que nous sommes devenus assez proches d’eux. Lors d’un 2ème séjour sur Pondicherry, ces chennaiens sont venus nous voir de nouveau. Nous avons donc décidé avec Ana et Denise, une collègue brésilienne, de partir à notre tour pour Chennai, leur rendre visite et en même temps, visiter un peu cette mégalopole. Nous avons ainsi passé 2 jours dans le sympathique appartement d’Anu et Raul, consacrés aux plaisirs de la table (alcools compris) et à la découverte de la ville.
Quant à Chennai, ça ressemble à une énorme ville grouillante et bruyante mais son dynamisme et sa modernité la rendent toutefois attrayante, surtout après quelques semaines dans la campagne traditionnelle du Tamil Nadu où les étrangers sont une curiosité populaire.
De la visite !!!Il y
a 3 semaines, nous avons eu la joie d’accueillir quelques compatriotes en
voyage. Après un malentendu sur les dates, Claire (Xuan Mai) et François (P’tit
gars) ont quand même pu nous rejoindre à l’improviste dans notre appart
pondicherrien. L’intérêt d’habiter dans une guest-house, c’est que nous avons
pu les loger juste au dessus pour un prix correct. Mais malgré ces quelques remarques, Auroville propose aussi des activités culturelles intéressantes, quand elles ne sont pas réservées aux seuls blancs !!! Ainsi, nous avons pu assister à quelques contes orientaux, à de la danse moderne et de la musique qu’on pourrait qualifier d’expérimentale… Bref, un bon moment de détente. Et
puis pour parfaire cette visite, nous sommes allés faire un tour à la plage
pour profiter qd même de cet océan indien plutôt chaud. Après cela, il a bien fallu que nos convives repartent pour parfaire leurs connaissances du Sud de l’Inde… depuis, pas de nouvelles alors si vous me lisez, pensez à écrire pour dire que vous êtes bien rentrés vivant !!! |
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